« Tu savais que les cactus avaient une fleur ? Au milieu des pics se trouve un cœur. »
 

« Nul soupir ne changera le monde, mais ton sourire peut changer l'instant. » - Libre

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Aquarelle
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Aquarelle
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Sam 16 Sep - 19:16



Nul soupir ne changera le monde...
Aquarelle


Une douce brise salée répandait les parfums marins dans l'air. Elle faisait ondoyer dans une danse mystique la longue crinière blonde pâle de la petite jument couleur d'or. Celle-ci, la tête penchée comme une enfant curieuse, contemplait avec émerveillement le ressac des vagues qui déposaient à ses sabots une écume immaculée. L'eau glaciale effleurait parfois ses membres, lorsqu'une vague, plus forte que les précédentes, venait s'étirer un peu plus haut sur la plage, emportant avec elle un peu de neige qui disparaissait en fondant. Mais cela importait peu à la petite jument, qui subissait depuis quelques temps déjà les assauts de la neige. Son poil s'était épaissit, certes moins que celui d'autres, parce qu'elle était Fille du Désert, mais suffisamment pour lui permettre de résister à la bise glaciale aussi longtemps qu'elle serait auprès du troupeau.
Elle comptait parmi les plus faibles, et sa nature fragile ainsi que son fin poil n'en étaient pas les seules raisons ; la vie qui grandissait en elle, et arrondissait ses flancs, volait peu à peu son énergie, et son corps œuvrait pour la survie de cet être sans nom plus encore que pour la sienne. Et elle se battait pour lui, elle vivait, survivait, pour lui. Elle l'aimait, ô combien elle l'aimait malgré tout ! Mais la faim la rongeait, le froid l'écorchait, et elle craignait de ne plus pouvoir avancer encore bien loin. Allait-elle mourir ? Cette idée la faisait frissonner plus encore que le vent froid. Mourir, disparaître à jamais. S'éteindre comme une flamme vacillante depuis trop longtemps. Elle était si jeune ! Elle aimait la vie. N'était-elle que poussière ? Allait-elle être emportée par le vent, si fragile, si insignifiante ?

Alors pourquoi avait-elle, ce matin-là, quitté la chaleur protectrice des siens pour aller vagabonder au loin ? Avait-elle espéré, au fond d'elle, retrouver un peu de chaleur sur la plage baignée d'écume ? Mais le sable était devenu neige. Seule une bande humide, là où s'étalaient les vagues, demeurait épargnée. Cela n'avait rien à voir avec le sable doré, chaud, doux et léger qu'avait connu l'Arabe dans son enfance. Mais ça lui rappelait un peu tout cela. Et, un instant, elle oubliait un peu toute sa crainte, toute sa peine enfouie si profondément. Un instant encore, elle pouvait espérer vivre. Et voir grandir ce fils que son corps et son être tout entier désirait si ardemment qu'elle en dépérissait lentement. Elle avait toujours dépérit. Malade intérieurement, fragile dans son cœur plus que ne l'était son corps gelé.

Les oreilles de la petite palomino frémirent. Au son régulier des vagues se mêlait un bruissement léger. Des pas. Quelqu'un approchait.



(c) PF

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Quand on applique à l'esprit une chose aussi simple et aussi innocente que de peindre une aquarelle, on oublie un peu de l'angoisse qui naît de notre appartenance à un monde devenu fou.
»
- Henri Miller -

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Wolfheart
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Mer 22 Nov - 20:03








Nul sourire ne changera le monde, mais ton sourire peut changer l'instant
✣Aquarelle et Wolfheart








~ Aquarelle


     Tu hausses un sourcil, étonné. Le caporal sort une selle que tu ne connais pas, elle est toute poussiéreuse. Tellement qu'il tousse en la nettoyant. Tu couches tes oreilles, un brin énervé. Ne pourrait-il pas faire ça dehors ? Il salit ton box. Mais finalement, c'est signe d'une longue promenade, et cela te plaît fortement, les palefreniers auront le temps de tout nettoyer pour que ce soit propre à ton retour. Il installe donc la selle sur ton dos, et bien qu'elle soit plus lourde, elle en est quand même plus agréable. Il adresse quelques mots à un autre bipède, puis vous partez, fiers et nobles.

     Dès la sortie du fort, il s'avachit sur ton dos, et des larmes te coulent sur ton encolure. Il sanglote, et s'essuie du revers de la manche, impeccable quelques secondes auparavant. Il te parle, et, par habitude, tu tournes tes fines oreilles vers lui, te revoyant quelques mois auparavant, à écouter les confidences de celui que tu aimais. Le soldat te tapote l'épaule, en riant. Puis t'emmène loin, au galop, très loin. Vous dépassez les limites du territoire à toute vitesse, le vent contre vous. Ton long poil d'hiver trempé de sueur te colle à la peau et te procure une sensation désagréable, mais cela ne t'interpelle pas tellement.

    Vous vous arrêtez, il descend, t'offre quelques gourdes d'eau que tu bois maladroitement, et te desselle, te laissant seul face à ton destin. Tu hésites, puis quand tu le vois s'asseoir, ne te prêtant plus attention, tu tournes les talons et pars au petit trot.Ton licol noir, qui révèle ton identité te dérange un peu, tu aimes jouer les mystérieux avec les autres équidés que tu croises régulièrement. Si tu daignes leur parler, s'ils ont l'air un peu moins inintéressant que les autres, ou si tu vois en eux des souffre-douleurs parfaits. Sur le sable, caché par la neige, tu trottes avec régularité et amplitude. Les vaguelettes qui s'écroulent t'amusent, elles sont si ridicules. Puis, entre les effluves d'eau et de sel, tu sens l'odeur d'un cheval. D'une jument.

    Une palomino apparaît au loin, immobile et seule, telle une poussière abandonnée. Tu aimes traiter les chevaux de poussières, tous sont des poussières, tu es le balai qui les enlève, ces inutilités de la nature.Le port de tête altier, le poitrail en avant, les yeux verts glaçants, et les oreilles en arrière, tu t'approches. La réaction de la jument jugera d'elle seule si elle est supérieure aux autres, c'est-à-dire encore un peu moins sous terre que les autres. Tu piaffes, et l'interroges, voulant à tout prix faire le premier pas :
"Eh, toi ! Que fais-tu ici, seule et ridicule ?"

Elle est en gestation. Son ventre un peu rond l'indique, mais tu t'en fiches royalement. Au contraire, tu es ravi ! Un cheval qui en cache deux, est peut-être plus lucratif que les autres.





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